LE JUGEMENT





  • 6e Méditation : DU JUGEMENT
Préparation

Mettez-vous en présence de Dieu.
Suppliez-le qu'il vous inspire. 

    Considérations

Enfin, après le temps que Dieu a marqué pour la durée de ce monde, et après une quantité de signes et présages horribles pour lesquels les hommes sécheront d'effroi et de crainte, le feu venant comme un déluge brûlera et réduira en cendre toute la face de la terre, sans qu'aucune des choses que nous voyons sur elle en soit exempte. 

Après ce déluge de flammes et de foudres, tous les hommes ressusciteront de la terre, excepté ceux qui sont déjà ressuscités, et à la voix de l'archange comparaîtront en la vallée de Josaphat (Jl 3). Mais hélas ! avec quelle différence ! car les uns y seront en corps glorieux et resplendissant, et les autres en corps hideux et horribles. 

Considérez la majesté avec laquelle le souverain Juge comparaîtra, environné de tous les anges et saints, ayant devant soit sa croix plus reluisante que le soleil, enseigne de grâce pour les bons, et de rigueur pour les mauvais. 

Ce souverain Juge, par son commandement redoutable et qui sera soudain exécuté, séparera les bons des mauvais, mettant les uns à sa droite, les autres à sa gauche ; séparation éternelle, et après laquelle jamais plus ces deux bandes ne se trouveront ensemble. 

La séparation faite et les livres des consciences ouverts, on verra clairement la malice des mauvais et le mépris dont ils ont usé contre Dieu ; et d'ailleurs, la pénitence des bons et les effets de la grâce de Dieu qu'ils ont reçue, et rien ne sera caché. O Dieu, quelle confusion pour les uns, quelle consolation pour les autres ! 

Considérez la dernière sentence des mauvais : « Allez, maudits, au feu éternel qui est préparé pour le diable et ses compagnons ». Pesez ces paroles si pesantes. « Allez », dit-il : c'est un mot d'abandon perpétuel que Dieu fait de tels malheureux, les bannissants pour jamais de sa face. Il les appelle « maudits » : o mon âme, quelle malédiction, malédiction générale, qui comprend tous les maux ; malédiction irrévocable, qui comprend tous les temps de l'éternité. Il ajoute, « au feu éternel » : regarde, o mon coeur, cette grande éternité. O éternelle éternité des peines, que tu es effroyable ! 

Considérez la sentence contraire des bons : « Venez », dit le Juge ; ah, c'est le mot agréable du salut, par lequel Dieu nous tire à soi et nous reçoit dans le giron de sa bonté ; « bénis de mon Père » : o chère bénédiction, qui comprend toute bénédiction ! « possédez le royaume qui vous est préparé dès la constitution  du monde ». O Dieu, quelle grâce, car ce royaume n'aura jamais fin ! 

Affections

Tremble, o mon âme à ce souvenir. O Dieu, qui peut m'assurer pour cette journée, en laquelle les colonnes du ciel trembleront de frayeur ? 

Détestez vos péchés, qui seuls peuvent vous perdre en cette journée épouvantable. 

Ah ! je me veux juger moi-même maintenant, afin que je ne sois pas jugée ; je veux examiner ma conscience et me condamner, m'accuser et me corriger, afin que le Juge ne me condamne en ce jour redoutable : je me confesserai donc, j'accepterai les avis nécessaires. 

Conclusions

Remerciez Dieu qui vous a donné moyen de vous assurer pour ce jour-là, et le temps de faire pénitence. 

Offrez-lui votre coeur pour la faire. 

Priez-le qu'il vous fasse la grâce de bien vous en acquitter.

  
 
  

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