LES PÉCHÉS





  • 4e Méditation : DES PÉCHÉS
Préparation

Mettez-vous en présence de Dieu.
Suppliez-le qu'il vous inspire. 

    Considérations

Pensez combien il y a que vous commencez à pécher, et voyez combien dès ce premier commencement les péchés se sont multipliés en votre coeur ; comme tous les jours vous les avez accrus contre Dieu, contre vous-mêmes, contre le prochain, par action, par parole, par désir et pensée. 

Considérez vos mauvaises inclinations, et combien vous les avez suivies. Et par ces deux points vous verrez que vos péchés sont en plus grand nombre que les cheveux de votre tête, voire que le sable de la mer. 

Considérez à part le péché d'ingratitude envers Dieu, qui est un péché général, lequel s'épanche par tous les autres et les rend infiniment plus énormes : voyez donc combien de bénéfices Dieu vous a faits, et que de tous, vous avez abusé contre le donateur ; singulièrement, combien d'inspirations méprisées, combien de bon mouvement rendus inutiles. Et encore plus que tout, combien de fois avez-vous reçu les sacrements, et où en sont les fruits ? que sont devenus ces précieux joyaux dont Dieu vous avez orné ? tout cela a été couvert sous vos iniquités. Avec quelle préparation les avez-vous reçus ? Pensez à cette ingratitude, que Dieu vous ayant tant couru après pour vous sauver, vous avez toujours fui devant lui pour vous perdre. 

Affections et résolutions

Cofondez-vous en votre misère. O mon Dieu, comment osé-je comparaître devant vos yeux ? Hélas ! je ne suis qu'un apostème (tumeur extérieure avec suppuration) du monde et un égout d'ingratitude et d'iniquité. Est-il possible que j'aie été si déloyal, que je n'aie laissé pas un seul de mes sens, pas une des puissances de mon âme, que je n'aie gâtés, violés et souillés, et que pas un jour de ma vie ne soit écoulé auquel je n'aie produit de si mauvais effets ? Est-ce ainsi que je devais reconnaître les bénéfices de mon Créateur et le sang de mon Rédempteur ? 

Demandez pardon, et vous jetez aux pieds du Seigneur comme un enfant prodigue, comme Madeleine, comme une femme qui aurait souillé le lit de son mariage de toutes sortes d'adultères. O Seigneur, miséricorde sur ce pécheur ; hélas, o source vive de compassion, ayez pitié de ce misérable. 

Proposez de vivre mieux. O Seigneur, non , jamais plus, moyennant votre grâce, non, jamais plus je ne m'abandonnerai au péché. Hélas, je ne lai que trop aimé ; je le déteste et vous embrasse, o Père de miséricorde ; je veux vivre et mourir en vous. 

Pour effacer les péchés passés, je m'en accuserai courageusement, et n'en laisserai pas un que je ne pousse dehors. 

Je ferai tout ce que je pourrais pour en déraciner entièrement les plantes de mon coeur, particulièrement de tels et de tels qui me sont plus ennuyeux. 

Et pour ce faire, j'embrasserai constamment les moyens qui me seront conseillés, ne me semblant d'avoir jamais assez fait pour réparer de si grandes fautes. 

Conclusion

Remerciez Dieu qui vous a attendue jusqu'à cette heure, et vous à donné ces bonnes affections.
Faites-lui offrande de votre coeur pour les effectuer.
Priez-le pour qu'il vous fortifie.

  
  

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