SAINTE THÉRÈSE DE JÉSUS





Il existe deux chemins devant toi, premièrement la voie de ceux qui peuvent méditer. Et la deuxième voie de ceux et celles qui ne le peuvent pas.
«Le Seigneur ne m'a pas donné le talent de discourir à l'aide de l'entendement (intelligence qui raisonne), ni de me servir avec profit de l'imagination. Cette faculté est même tellement inerte en moi, que malgré tous mes efforts, je ne pouvais jamais me peindre ni me représenter l'humanité de Notre-Seigneur. Durant de longues années, j'ai souffert de ne pouvoir fixer mon esprit sur un sujet pendant l'oraison ; c'est là une épreuve très pénible. Car la volonté est inactive (n'est pas occupée à aimer dans une oraison surnaturelle) et si l'amour n'est pas un objet présent qui l'occupe, l'âme reste pour ainsi dire sans appui et sans exercice. La solitude et l'aridité lui causent une grande peine et ses pensées qui vont en tous sens lui livrent un grand combat».
J'ai reçu beaucoup de confidences de personnes qui font oraison et qui sont comme moi, incapables de méditer.
« Quelques personnes ont l'esprit très mobile. Elles vont ici et là et sont toujours dans l'agitation, soit que cela provienne de leur nature, soit que Dieu le permette ainsi. Pour moi, je suis restée plus de quatorze ans sans pouvoir méditer, si ce n'est à l'aide d'un livre. D'autres n'y réussissent même pas par ce moyen ; elles ne peuvent prier que vocalement, cela les captive davantage. D'autres ont l'esprit si léger qu'elles ne sauraient se fixer sur un sujet ; elles ont toujours une si grande inquiétude, que dès qu'elles veulent arrêter leurs pensées sur Dieu, elles tombent dans mille rêveries, scrupules et doutes. D'autres ne peuvent même pas être attentives aux prières qu'elles prononcent ».
Les premières causent de cette impossibilité, les plus fondamentales, se trouvent dans la constitution psychique comme dans la mobilité d'esprit.
« Il y a ensuite des causes moins profondes et moins durables comme les indispositions accidentelles et passagères, ou des traits de caractère : neurasthénie, faiblesse de tête ou autres infirmités qui les empêchent de se recueillir malgré les efforts en ce sens ».
Outre ces causes psychiques et biologiques, il peut y avoir l'ignorance des lois de l'oraison : par exemple, certains débutants, si leur esprit ne cesse d'agir ou ne le peut pas, refusent d'y consentir ; et c'est peut-être alors que leur volonté (leur amour de Dieu) se perfectionne et se fortifie, mais ils ne le comprennent pas.
Il y a aussi le péché récemment commis, une attache déréglée à laquelle on refuse de se soustraire, un certain état de tiédeur.
Peut-être aussi un manque d'humilité : quelqu'un qui n'accepterait pas d'être moins avancé que d'autres dans les voies de l'oraison.
Dieu peut intervenir aussi, en permettant des jours de tempête, des épreuves intérieures intolérables.
Confiance ! Courage ! Sois assuré que les inconvénients n'éclipsent pas les avantages. Si ce chemin est plus ardu, il est par contre plus rapide pour arriver à la contemplation, si on persévère.
« Ceux qui ne peuvent discourir avec l'entendement, s'ils avancent, profitent beaucoup, car ils avancent dans l'amour ».
« Commence par te recueillir. Cherche dans ton coeur la compagnie du christ puis, parlez-vous ». 

Voilà un descriptif de la méditation, ce qui l'empêche ou la trouble ainsi que ce qu'il faut faire pour y parvenir.


Retour