En faisant visite à sa cousine Élisabeth, marie lui rend les devoirs d'une jeune femme vis-à-vis d'une aînée dans l'attente d'une maternité. Mais elle est également mue par le désir de partager avec sa cousine la joie des merveilles réalisées en chacune d'elles et c'est dans un grand transport de joie que Marie dit cette merveilleuse prière qu'est le Magnificat « Mon âme exalte le seigneur...en faveur d'abraham et de sa race à jamais ».

A ces raisons biens naturelles, Luc ajoute une interprétation personnelle. Le vocabulaire qu'il utilise pour relater cet événement fait comprendre que l'habitation de Dieu parmi les hommes se situe à un plan nouveau dans la personne même de Marie, Porteuse de son enfant, elle est la véritable demeure de Dieu et c'est comme telle qu'elle est saluée par sa cousine. Voici que Dieu vient habiter chez les hommes, mais sa demeure n'est plus un temple de pierre : c'est une personne qui le porte. Dorénavant ce seront des attitudes et des sentiments, non des pierres, qui édifieront l'habitation divine sur la terre.

La fête de la visitation a été célébrée par les franciscains dès le XIIIe siècle. Le pape Boniface IX (1294 -1303) l'introduisit dans le calendrier universel de l'Église, mais c'est le pape Clément VIII (1592 - 1605) qui établit le formulaire actuel. En même temps qu'elle célèbre l'événement ancien de la visite de Marie à sa cousine, l'Eucharistie de ce jour réalise l'incessante « visite » que Dieu fait à son Église, et à notre assemblée, pour faire de chacun de nous, à notre tour, les « porteurs » du Christ.