Dans L'Écriture, la « gloire » de Dieu est désignée par le mot Kabod, qui signifie le poids et la valeur d'un objet. C'est bien de « poids » que furent les deux principales interventions de Dieu dans le monde : la première, sa manifestation dans la « gloire » du Sinaï, la seconde, sa présence « glorieuse » dans le temple (Is 6,1-7 : Ez 1,4-28 ; 10,4-19 ; 36,23 ; 39,21-29).

Mais ni la gloire de la loi du Sinaï, ni celle du culte du temple ne pouvant être données en partage au peuple, trop lourdement penché vers la terre, les prophètes annoncèrent que la gloire divine n'apparaîtrait que dans une alliance nouvelle, réservée pour les derniers temps. Cette gloire divine apparut dans la personne du Christ (Jn 1,14-18) et se révéla dans une longue série de « signes » pour se manifester en plénitude à l'heure de sa « gloire », dans sa passion et sa résurrection.

Ressuscité, le Christ communique cette gloire aux hommes, il la répand sur son Église glorifiée progressivement par les sacrements, jusqu'au jour où l'humanité pourra rejoindre son Seigneur dans toute sa gloire.

La transfiguration (Mt 17,1-8 ; Mc 9,2-8 ; Lc 9,28-36 ; 2 P 1,16-18) est ainsi tout ensemble la preuve que la gloire de Dieu est contenue dans la personne du Christ, le signe de notre propre vocation à la gloire et le gage de notre vie éternelle dans la gloire du Père.

La fête de la Transfiguration existait déjà en Orient lorsque le pape Callixte III (1455 - 1458) l'étendit à toute l'Église, en commémoration de la « glorieuse » victoire de l'Occident sur l'Islam (1456). Célébrons à l'occasion de cette fête la gloire du Christ en participant au sacrement qui prépare notre propre glorification.