Le nom araméen Thomas signifie « le jumeau », ce qui explique que Jean désigne l'apôtre du nom grec de « Didyme » (Jn 11,16 ; 20,24). Tandis que les synoptiques se contente de citer Thomas dans la liste des apôtres (Mt 10,3 ; Ac 1,13), Jean dont l'Évangile s'attarde sur les différents modes de « connaissance » ou de « méconnaissance » qui répondent au message du Christ, semble attacher une grande importance à ses réactions dans la vie quotidienne des apôtres. Il considère Thomas un peu comme le symbole de leur incrédulité : Thomas perçoit en effet les difficultés et les dangers d'un pèlerinage à Jérusalem, mais sa signification profonde lui échappe (Jn 11,16) : il se prévaut de son réalisme pour ne pas s'enthousiasmer des perspectives du discours du Seigneur à la Cène (Jn 14,1-6). Après la résurrection, il réclame une connaissance visuelle et « charnelle » du Christ alors qu'il ne peut être question que de foi « spirituelle » (Jn 20,24-29). Quelques jours après, il se trouve encore parmi les disciples « qui ne savent » pas qui est le Christ ressuscité (Jn 21,1-8).

La vie de Thomas est un long itinéraire qui part du réalisme humain pour aboutir à la connaissance en Esprit. On ignore les circonstances qui entourent la vie de Thomas après la Pentecôte. D'aucuns lui font franchir les frontières de l'empire romain, vers la Perse et l'Inde où il est encore vénéré. Mais cette conception médiévale qui attribue à chaque apôtre un secteur géographique ne repose en fait que sur la légende.