Fils de Zébédée, un riche pêcheur de Bethsaïde (Mc 1,20 ; Mt 4,18-22 ; Jn 1,44), et de Salomé, une des femmes qui se mirent au service de Jésus et de ses apôtres (Lc 8,3 ; 23,55 ; 24,10 ; Mc 15,40 ; 16,1), Jean fut formé, comme son frère Jacques, dans le cadre de la secte des Zélotes, comme en témoigne la vivacité de ses réparties ( Lc 9,53-56).

Disciple de Jean-Baptiste (Jn 1,35-41), il fut envoyé au Christ par son maître. Devenue disciples de Jésus, il fut rapidement l'un des membres les plus actifs du groupe et l'un de ceux à qui le Seigneur confia le plus grand nombre de tâches et de secrets (Mt 17,1-8 ; Mc 13,3 ; Lc 22,8 ; Jn 13,23 ; 19,26 ; 20,3 ; Mt 26,37). Il prit part au concile de Jérusalem (Ga 2,9) et fut, au terme d'une très longue vie apostolique, exilé dans l'île de Patmos, sous l'empereur Domitien (Ap 1). Une tradition rapporte que arrivé à un âge avancé, il n'avait plus guère qu'une parole : « Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres » prêchant ainsi sans cesse aux fidèles de son église, l'unique commandement de la charité fraternelle. Il ne mourut pas martyr.

Jean a centré son Évangile sur la manifestation de Dieu dans le monde en la personne du Christ, manifestation à laquelle il donne les noms de « témoignage » ou d' « envoie », et qui consiste surtout dans une série de « signes » de la « gloire » de Dieu dont le plus important se produit à l' « heure » de la glorification du Christ dans le mystère pascal. Ces signes se perpétuent dans la vie même de l'Église et dans les sacrements de la présence du Seigneur.

Les lettres de Jean prolongent l'enseignement de son Évangile : exigences de charité et mises en garde contre le péché. Quant à l'Apocalypse, vraisemblablement rédigée en deux étapes sur l'île de Patmos, elle est surtout, en un genre littéraire assez particulier au monde Juif, une méditation sur le sens de l'histoire, destinée à fortifier la foi des chrétiens, ébranlée quelque peu par les persécutions.