Jean est fils de Zacharie, le muet, et d'Élisabeth, la stérile : sa naissance annonce l'arrivée des temps messianiques où la stérilité deviendra fécondité (Is 54,1 ; 49,18-21 ; Ps 112,9), ou le mutisme deviendra exubérance prophétique (Is 32,3-4 ; Jl 3,1).

L'Évangile le désigne du surnom de « baptiste » parce qu'il annonce un nouveau rite d'ablution (Mt 3,13-17) où le baptiser ne se plonge pas seulement lui-même dans l'eau, comme dans les rites et les baptêmes juifs, mais reçoit l'eau sainte des mains d'un ministre. Jean entendait ainsi montrer que l'on ne se purifie pas soi-même, mais que toute sainteté vient de Dieu.

Jean-Baptiste a également laissé le souvenir d'un grand mortifié. Il est possible qu'il s'était initié à cette discipline dans les communautés juives du désert, comme celle de Qumrân. Mais c'est surtout son caractère prophétique que la tradition a retenu. Prophète, il l'est à double titre. Tout d'abord dans le sens ou l'entendait l'Ancien Testament : il est même le plus grand des prophètes d'Israël, car il put montrer du doigt l'objet même de ses prédications (Mt 11,7-15 ; Jn 1,19-28). Pour faire ressortir cette appartenance de Jean à la grande lignée des prophètes de l'Ancien Testament, saint Luc nous donne de sa naissance un récit qui permet de voir se profiler à l'arrière-plan les grandes vocations des anciens prophètes.

La fête de la naissance de saint Jean Baptiste apparaît pour la première fois au IVe siècle, à l'époque où, par le jeu des chronogrammes, les chrétiens croyaient pouvoir déterminer le calendrier des événements du Nouveau Testament. Les lectures sont en place depuis le VIe siècle, ainsi que les oraisons. Les premières traces des chants apparaissent au VIIe siècle.