Le lendemain 2 novembre est consacré à la fête des Morts, avec laquelle, à tort, on confond parfois la Toussaint. Cette commémoraison des défunts a été instituée par saint Odilon, abbé de Cluny, au début du VIe siècle.

Benoît XV (1914 - 1922), dans le contexte de la première guerre mondiale, à autorisé la célébration de trois messes. La mort du chrétien est l'acte dans lequel toute une vie inspirée de la grâce divine atteint à sa réussite. Cette manière de voir apparaître dans la façon dont la liturgie prépare à la mort et célèbre celle-ci. Elle transmet au mourant la bénédiction apostolique, indulgence infiniment plus précieuse que toutes celles du sacrement de Pénitence a pu lui donner au cours de sa vie ; elle le communie au viatique, « communion solennelle » où se vérifie à la lettre la tension eschatologique de l'Eucharistie ; elle fait réciter auprès de lui les psaumes de Pâques, et, dans une litanie spéciale, rappelle les grandes libérations pascales du peuple élu, donnant ainsi à la mort d'un chrétien, l'aspect d'une petite « vigile pascale ». Durant la procession d'enterrement, la liturgie fait chanter les psaumes de montée vers Jérusalem, convaincue que cette procession terrestre correspond au ciel à l'entrée du chrétien dans la Sion définitive. Enfin la messe des funérailles célèbre par anticipation le banquet céleste auquel nous participerons autour du Seigneur en communion avec nos défunts.

Justifié par la foi dans la signification des sacrements, cette vision optimiste de la mort chrétienne indique ce que doit être notre prière pour les défunts. Certains obstacles ont pu arrêter, chez l'un ou l'autre d'entre eux, l'épanouissement immédiat et plénier de la vie éternelle dont ils ont reçu le germe : leur conversion à cette vie nouvelle a pu ne pas être assez complète sur cette terre, et exige dès lors une purification radicale après leur mort. Seul le sacrifice du Christ peut lever les obstacles qui s'opposent encore à l'épanouissement de la vie divine en eux ; c'est pourquoi nous le renouvelons à leur intention, tout en réalisant déjà nous-mêmes, dans notre « communion des saints », l'assemblée céleste ou ils ne tarderont pas à entrer.