Le moyen âge anglais et normand connaissait déjà au XIe siècle une fête de la conception de marie ; on y commémorait l'événement lui-même, en s'arrêtant surtout à ses conditions miraculeuses (stérilité d'Anne, etc.). Par-delà cet aspect anecdotique, saint Anselme découvrit cependant la véritable grandeur de ce mystère opéré dans la conception de Marie : sa préservation du péché. En 1432, le concile de Bâle considérait ce mystère comme un point de foi, et Pie IX (1846 - 1878) en fit un dogme le 8 décembre 1854.

Outre le rappel de cette vérité, la liturgie rend présente la puissance divine qui a préservé Marie du péché : elle célèbre en effet le mystère même de la rédemption dont Marie a bénéficié et dont nous bénéficions à notre tour, à la mesure de notre faiblesse et de nos fautes.

Le formulaire de la fête actuelle date de 1863, mais plusieurs éléments remontent à la messe médiévale. En 1863, on introduisit l'Évangile que nous avons maintenant, présentant Marie comme la nouvelle Sion et la nouvelle Jérusalem. C'est dire que la célébration du mystère de Marie doit se vivre dans l'assemblée eucharistique que nous formons ; elle est, comme Marie, signe de la nouvelle Jérusalem, demeure définitive de Dieu parmi les hommes ; lieu qui rayonne la lumière de la grâce plus forte que le péché et centre de ralliement pour toutes les nations.