Le jeudi après La Trinité (ou le dimanche suivant selon les pays et les régions), la Fête-Dieu, ou solennité du Corps du Christ, célèbre l'Eucharistie. C'est une fête populaire marquée par l'adoration et la procession du Saint Sacrement, placé dans l'ostensoir. On jonche de feuillages les chemins où doit passer le Seigneur ; on y dessine aussi des motifs à la sciure teintée. Plusieurs villes dans le monde sont connues pour la magnificence de ces processions.

Le premier formulaire d'une messe en l'honneur du Saint-Sacrement a été composé en 1246 pour le diocèse de Liège. Cette fête nous la devons à l'intervention d'une simple religieuse : Soeur Julienne de Liège. Elle enflamma de son zèle pour le Saint Sacrement le pape Adrien ou Hadrien IV (1154 - 1159) qui institua la fête. Peu de temps après, lorsque la fête fut étendue à toute l'Église, on composa un nouveau formulaire, oeuvre de Saint Thomas d'Aquin.

Le thème de la vie en est la trame essentielle : l'Évangile (Année A) se charpente autour de l'opposition « mort - vie ». L'Ancien Testament mit longtemps à discerné l'existence de la vie éternelle au-delà de notre vie mortelle (Dn 12,1-3 ; Sg 5,1-16), mais il fit dépendre assez vite vie et mort temporelles de l'attitude morale : la mort est la sanction du péché, la vie, la récompense de la justice (Ex 20,12 ; Dt 11,8-9 ; Pr 8, 35-36).

Dans ses premières déclarations, le Christ respecte cette opposition entre la vie et la mort, et leur solidarité respective avec la justice et le péché (Mt 7,13-14 ; 19,16-17). Mais dès sa résurrection, il apparaît comme le « Vivant » et la vie qu'il communique n'est plus seulement la récompense extérieure et temporelle d'une justice humaine, c'est sa propre vie de « Fils du Père » transmise en abondance à quiconque est greffé sur lui (Ga 2,19-20 ; Rm 6,3-11 ; Jn 6,53-56).

Le Christ est dès lors notre « Vie » (Col 3,1-4) et quiconque vit en dehors de lui ou ne le reconnaît pas est dans la mort : c'est mourir que de ne pas discerner le pain de vie qui contient pour l'homme la seule vie définitive (1 Co 11,30-34 ; 10,1-10) et Saint françois d'Assise de rajouter, « l'Esprit du Seigneur habite en ceux qui croient en lui ; c'est donc lui qui reçoit le Corps et le Sang très Saints du Seigneur. Tous les autres, ceux qui n'ont pas point part à cet Esprit, s'ils ont l'audace de recevoir le Seigneur, mangent et boivent leur propre condamnation ». C'est mourir encore que d'éteindre en soi l'amour de Dieu (1 Jn 3,15). La foi nous apprend à reconnaître cette vie dans le signe du pain et du vin et dans la charité vécue par notre communauté eucharistique. Ce réunir en ce jour revient à professer cette foi et à chercher les moyens de signifier au monde la vie divine qui nous habite.