Du latin quadragesima dies, « quarantième jour » avant Pâques : la « sainte Quarantaine » est un temps de préparation pénitentielle à la fête de Pâques. Ce délai de quarante jours est celui qui précède, pour Moïse comme pour Élie, la rencontre de Dieu sur la montagne du Sinaï. Jésus lui-même s'est préparé à son ministère public par quarante jours de jeûne au désert. Le Carême dure six semaines, mais comme on ne fait pas pénitence le dimanche, on le commence le mercredi qui précède le premier d'entre eux : c'est le mercredi des Cendres.

Les cendres bénies alors, habituellement obtenues par la combustion des Rameaux de l'année précédente, symbolisent la précarité de l'être humain face à Dieu. Après le péché originel, la poussière est l'image de la mort, liée au péché : « Car tu es poussière, dit Dieu au premier homme, et tu retourneras à la poussière » (Gn 3,19). La pratique du jeûne fait aussi explorer les limites de la condition humaine : en corrigeant les excès de table, elle invite à se reconnaître dépendant des bienfaits du Créateur.  

Au milieu du Carême, le quatrième dimanche, dit de Laetare (« Réjouis-toi » : c'est le premier mot de l'introït) constitue une pause : l'Église propose une halte joyeuse avant Pâques. On n'y porte pas encore les vêtements liturgiques blancs de cette fête, mais le violet de la pénitence s'éclaircit en rose.