
| L'ENFER DANS LES RELIGIONS ANTIQUES |
Il est bon de savoir qu'avant le christianisme, l'enfer était déjà connu dans les religions antiques où il était un monde essentiellement souterrain dont le nom était bien souvent diffèrent du mot "enfer" que nous connaissons.
Dès le temps des mythologies antiques, l'enfer est peint, presque toujours, comme un monde souterrain. Ingrat et stérile comme le désert, il est cependant populeux et ceint de muraille. Domaine toujours nocturne, il est cependant la proie du feu. C'est là que démons, ou dieux déchus, tourmentent la foule des damnés.
Chez les grecs ce sont les Titans vaincu par Zeus, qui furent précipité dans le Tartare. Comme le décrit HÉSIODE :
Les titans souterrains étaient enveloppés d'un souffle de feu ; une flamme immense montait dans l'air divin et, malgré leur endurance, ils sentaient leurs yeux aveuglés pas la fulgurante clarté de la foudre et de l'éclair. Un chaleur prodigieuse ardente envahissait les espaces. Autour de ce lieu s'étend une barrière d'airain ; la nuit entoure d'un triple cercle son orifice étroit ; au-dessus prennent naissance les racines de la terre et de la mer stérile. Là les Titans divins son cachés dans les ténèbres brumeuses, par la volonté de Zeus, l'assembleur de nuages. Pour eux, point de sortir possible : Poséïdon a fermé des portes d'airain sur ce lieu et un rempart l'encercle de tous côtés.
Déjà dans un texte qui remonte à deux mille ans avant notre ère, l'épopée babylonienne de la Création évoque la lutte grandiose et monstrueuse de Tiamat, déesse de la mer, et de ses alliés contre Marduk, dieu suprême comme Zeus, et c'est la même issu qui clôt le combat :
Marduk les enchaîna et brisa leurs armes. Ils furent jetés dans des filets, restèrent dans des nasses, furent mis dans des cavernes : ils étaient pleins de lamentations. Ils subirent leur châtiment et furent retenus dans des geôles.
Chez les Babyloniens, l'enfer est une étrange ville souterraine, l'arallû,
Les démons occasionnels, les edimmu, sont les mal satisfaits de l'au-delà ; ce sont les esprits de tous ceux qui n'ont pas eu un minimum de bonheur dans l'existence ou qui l'ayant atteint, en on été prématurément privés. Ce sont les esprits des filles nubiles mortes vierges, des prostitués mortes de maladie, des femmes mortes en couches ou alors qu'elles allaitaient encore, des péris en mer ou par noyade quelconque, des accidentés (l'homme qui a chu d'un palmier). Enfin ceux qui sont morts sans enfants n'auront laissé personne pour assurer leurs offrandes funéraires, ceux qui sont morts sans avoir reçu de sépulture, feront partie de la cohorte revendicatrice.
On entrevoit ici quelque chose de cette intuition profonde selon laquelle les tourments des damnés sont l'oeuvre des damnés eux-mêmes.
L'enfer égyptien est un monde infiniment plus grandiose. La morale qui préside au jugement des morts est d'une sublime pureté, et la géographie du domaine maudit est d'un effrayante richesse. C'est un région immense, coupée de murailles et de portes fortifiées, jonchée de marais boueux et de lacs de feu autour de chambres mystérieuses.
L'une des grandes préoccupations des Égyptiens était de connaître à l'avance le chemin qu'il fallait suivre pour ne pas s'égarer dans les labyrinthes de l'au-delà et les mots justes qu'il fallait répondre lors des épreuves imposées aux morts. C'est ainsi qu'on trouve sur certains sarcophages hermopolitains, une véritable carte accompagnée de textes assez confus, et sur laquelle on voit un fleuve coulant d'un bout à l'autre du pays infernal ; sur l'une des berges se déroule un chemin, sur l'autre un canal, les deux seules voies utilisables par les défunts ; toutes les deux sont irrégulières, coupées de tournants brusques, de portes de feu où veillent des gardiens féroces, le tout grouillant de serpents, de monstres prêts à anéantir les âmes indignes.
Mais l'épreuve la plus grave était, à coup sûr, le jugement du mort par les quarante-deux juges des enfers, par devant Osiris, Thot, Horus et Anubis. Les morts qui échouaient à cet examen, n'avaient point accès au royaume d'Osiris, c'était pour eux un grand malheur, car ils gisaient rongés par la faim et la soif dans leur tombe et ne voyaient le soleil ni du jour ni de la nuit. Dans se monde dépouvante, les morts sont réduits à manger leurs propres excréments, ils sont livrés à des bourreaux et à des serpents monstrueux tels qu'Apop et Sati.
On trouverait encore dans la mythologie des Perses, chez les auteurs juifs du Talmud et chez les musulmans, de nombreuses et terribles descriptions de l'enfer. L'essentiel est qu'on retrouve dans ces trois secteurs perse, juif et musulman, l'évocation d'un jugement général des morts et le châtiment des coupables dans une géhenne.